Shaykh MohamedFaouzi Al Karkari

Le Shaykh

Son ascendance, du Prophète ﷺ aux Idrissides du Rif

Le plus illustre de ses aïeux est bien entendu le seigneur des deux mondes, le maître des fils d’Adam, l’étendard de la louange, notre maître Mohammed ﷺ, sur lui la paix et les bénédictions d’Allah, ainsi que sur sa famille et ses compagnons.

Parmi ses enfants se trouve notre illustre mère, la pure, pieuse et vertueuse Sayyida Fatima al-Zahra, que son père ﷺ a désignée comme l’une des quatre meilleures femmes du Paradis, aux côtés de Sayyida Maryam, Sayyida Asiya et Sayyida Khadija, qu’Allah les couvre de Sa miséricorde. À son sujet, le Prophète ﷺ a dit :

  • « Fatima est une partie de moi. Celui qui la met en colère me met en colère. »
  • « Allah se fâche pour les choses qui te fâchent, et Il aime ce que tu aimes. »

Elle épousa Sayiduna ‘Ali Ibn Abi Talib, cousin du Prophète ﷺ, l’enfant qui a vu le jour dans la Kaaba, qui n’adora jamais d’idole, premier enfant à embrasser l’Islam et qui devint une figure majeure de la première communauté musulmane. À son sujet, le Prophète ﷺ a dit :

  • « N’es-tu pas satisfait d’être pour moi ce que Haroun était pour Moussa, sauf qu’il n’y aura pas de prophète après moi ? »
  • « Je suis la cité de la science et Ali en est la porte. »
  • « Celui dont je suis le maître, ’Ali en est le maître. Qu’Allah soutienne ceux qui viennent en aide à ’Ali et qu’il soit l’ennemi de ceux qui deviennent les ennemis de ’Ali. »

Après l’assassinat du calife ‘Uthman Ibn ‘Affan par un groupe rebelle, Sayiduna ‘Ali Ibn Abi Talib fut choisi comme quatrième calife et il reçut l’allégeance d’une grande partie des musulmans, à l’exception du compagnon Mu‘awiya Ibn Abi Sufyan, alors gouverneur de la Syrie, de la Palestine et de l’Égypte. Celui-ci, également proche parent de ‘Uthman, refusa de prêter allégeance à Sayiduna ‘Ali, tant que les responsables du meurtre de ‘Uthman n’auraient pas été jugés. Cette divergence conduisit à plusieurs conflits majeurs, jusqu’à l’assassinat de Sayiduna ‘Ali Ibn Abi Talib dans sa mosquée de Koufa en 661.

Il laissa derrière lui plusieurs enfants, parmi lesquels les maîtres des jeunes du Paradis, Sayiduna al-Hassan et Sayiduna al-Hussein. Leurs prénoms furent choisis par le Prophète ﷺ en personne qui dit à leur propos :

  • « Celui qui aime al-Hassan et al-Hussein m’aime, et celui qui les déteste me déteste. »
  • « Voici mes petits-fils, les fils de ma fille. Seigneur, je les aime. Aime-les donc et aime ceux qui les aiment. »

L’ascendant de Sidi Mohamed Faouzi al-Karkari, Sayiduna al-Hassan Ibn ‘Ali (624-670), fut également l’objet d’une prophétie de son noble grand-père ﷺ qui se réalisa. Il avait dit à son sujet :

  • « Mon fils que voici est un maître (sayyid), et par lui Allah réconciliera deux grands groupes de musulmans. »

C’est ce qui se passa en l’an 40 de l’Hégire. Après le tragique assassinat de Sayiduna ‘Ali Ibn Abi Talib, Sayiduna al-Hassan Ibn ‘Ali fut reconnu comme cinquième calife des musulmans. Toutefois, le compagnon Mu’awiya Ibn Abi Sufyan qui gouvernait toujours les régions de Syrie, de Palestine et d’Égypte, refusa encore de lui prêter allégeance.

Animé par le souci de préserver l’unité des musulmans et redoutant qu’une guerre avec Mu’awiya n’entraîne un bain de sang dans leurs rangs, Sayiduna al-Hassan choisit d’abandonner le pouvoir six mois après son accession au califat au profit de Mu’awiya. Cette année restera dans l’Histoire sous le nom de « année de l’unité », marquant le début du règne de la dynastie omeyyade.

À la suite de cet accord, un groupe de dissidents musulmans prononça son excommunication de la communauté musulmane, considérant que l’abandon du califat constituait un acte de mécréance. Sayiduna al-Hassan échappa à plusieurs tentatives d’assassinat, mais il finit par être empoisonné et succomba au poison.

Parmi ses nombreux enfants figurait le grand érudit Sayiduna al-Hassan al-Muthanna (661-715). Il fut notamment présent lors de la tristement célèbre bataille de Kerbala (680) aux côtés de son oncle Sayiduna al-Hussein Ibn ‘Ali, bataille au cours de laquelle la famille d’al-Hussein fut massacrée et ce dernier décapité par les Omeyyades. Al-Hassan al-Muthanna n’avait alors que dix-neuf ans. Il fut blessé et capturé, mais il parvint à survivre. Il épousa ensuite sa cousine Fatima bint al-Hussein Ibn ‘Ali qui était l’une des survivantes de cette bataille. Plusieurs enfants naquirent de cette union, parmi lesquels l’aïeul du Shaykh Mohamed Faouzi al-Karkari, Sayiduna Abdallah al-Kamil.

Ce dernier joua un rôle très important en son temps. C’était un homme connu pour sa piété, soucieux de préserver l’héritage des Ahl al-Bayt. Il fut surnommé « al-Kamil » c’est-à-dire « le Complet », parce qu’il était à la fois descendant d’al-Hassan Ibn ‘Ali par son père et d’al-Hussein Ibn ‘Ali par sa mère, réunissant ainsi les deux nobles lignées chérifiennes.

Alors qu’il vivait sous la dynastie omeyyade, il fut une figure politique majeure. Il était le chef des descendants d’al-Hassan Ibn ‘Ali à Médine, à une époque où beaucoup souhaitaient voir la famille du Prophète ﷺ diriger les musulmans. Afin de renverser les Omeyyades, Abdallah al-Kamil conclut un pacte avec de nombreux groupes de musulmans parmi lesquels les descendants de l’oncle du Prophète, al-Abbas, que l’on appelait les Abbassides. Ce pacte prévoyait qu’à la chute des Omeyyades, le pouvoir reviendrait à son fils Mohamed Nafs-zakiya, auquel tous prêtèrent allégeance.

Malheureusement, lorsqu’ils parvinrent à renverser les Omeyyades, les Abbassides renièrent leurs allégeances et s’emparèrent du pouvoir. Ils se retournèrent alors contre la descendance du Prophète ﷺ qu’ils considéraient désormais comme une rivale dangereuse dans la quête du pouvoir. Le calife abbasside al-Mansur demanda à Sayiduna Abdallah al-Kamil de lui prêter allégeance, mais ce dernier refusa et il fut emprisonné jusqu’à sa mort.

Sa famille et ses enfants parmi lesquels Mohamed Nafs-zakiya, Ibrahim, Souleymane et Moulay Idriss, furent durement réprimés. Ils menèrent alors plusieurs révoltes contre les Abbassides, dont la plus connue fut la bataille de Fakhkh en 786. Cette révolte constituera en quelque sorte un second massacre de la descendance prophétique après celui de Kerbala.

Les historiens estiment entre cent et quatre cents le nombre de victimes assassinées parmi la famille du Prophète ﷺ ce jour-là. Plusieurs personnes parvinrent cependant à s’échapper, notamment le noble et pieux Moulay Idriss, aïeul du Shaykh Mohamed Faouzi al-Karkari, qui fut ensuite traqué par le calife, désireux d’éliminer toute menace à son pouvoir.

Une ascendance idrisside

Mausolée de Moulay Idriss al-Akbar dit « Moulay Idriss Ier », situé dans le village de Moulay Idriss Zerhoun près de la ville de Meknès.
Mausolée de Moulay Idriss al-Akbar dit « Moulay Idriss Ier », situé dans le village de Moulay Idriss Zerhoun près de la ville de Meknès.

Moulay Idriss, confronté à la répression du califat abbasside, quitta la région du Hijaz et entreprit un long exil. Il se rendit d’abord en Égypte, mais les poursuites des autorités abbassides le contraignirent à fuir vers l’Ifriqiya (actuelle Tunisie), puis vers l’extrémité occidentale du monde musulman. Il trouva refuge auprès des tribus amazighes de l’actuel Maroc, plus précisément dans l’antique cité romaine de Volubilis, dans la région de Meknès.

Ces tribus lui réservèrent un accueil favorable et vont l’honorer, eu égard au profond respect qu’elles portaient à la descendance du Prophète Mohammed ﷺ. Elles vont se rassembler autour de lui et reconnaître son autorité. Il épousa alors Lalla Kenza, issue de la tribu des Awraba, et c’est cette union qui marquera l’émergence de la dynastie idrisside, première dynastie musulmane du Maroc.

C’est à travers cet exil de Moulay Idriss qu’au fil des siècles, les descendants et héritiers du Prophète ﷺ vont peupler massivement l’Afrique du Nord. Toutefois, le Calife abbasside Haroun ar-Rachid, craignant l’émergence d’un pouvoir concurrent susceptible d’affaiblir son autorité, poursuivit son objectif d’éliminer Moulay Idriss. C’est pourquoi, en sachant qu’il était sous la protection des tribus amazighes, le calife va mandater un agent infiltré qui va se faire passer pour un fugitif, et qui finira par l’assassiner en l’an 790.

À Bagdad, le calife abbasside considéra qu’il avait mis fin à la menace idrisside. Il pensait avoir éteint cette lignée, mais il ignorait qu’au moment de l’assassinat de Moulay Idriss, sa femme était déjà enceinte de son héritier. Ainsi, quelques mois plus tard, naquit le fils de Moulay Idriss et héritier du trône idrisside, Moulay Idriss II dit « al-Azhar ».

Élevé dans le plus grand des secrets, Moulay Idriss al-Azhar accéda au trône à l’âge de onze ans. Reconnu pour sa piété, sa science et son intelligence, il joua un rôle central dans l’organisation du territoire et fonda la ville de Fès au début du IXe siècle. Il en est d’ailleurs l’architecte puisque c’est lui qui a imaginé la médina de Fès avec ses innombrables ruelles qui se mélangent et s’entrecoupent. Son objectif était de mettre en déroute quiconque voudrait attenter à sa vie.

Mausolée de Moulay Idriss al-Azhar dit « Moulay Idriss II » situé dans sa zawiya au cœur de la médina de Fès, près de l’Université al-Qarawiyyin.
Mausolée de Moulay Idriss al-Azhar dit « Moulay Idriss II » situé dans sa zawiya au cœur de la médina de Fès, près de l’Université al-Qarawiyyin.

Moulay Idriss al-Azhar va alors consolider le Royaume de son père à travers des alliances avec différentes tribus amazighes. Après sa mort en 828, il laissa un vaste territoire unifié et une descendance nombreuse composée d’une quinzaine d’enfants dont douze fils.

C’est son fils Mohamed Ibn Idriss qui lui succéda, mais son accession au pouvoir va être rapidement suivie de premières tensions internes avec ses frères. Ces derniers étaient aussi en quête de pouvoir et pour éviter les conflits, Mohamed Ibn Idriss décida de suivre le conseil de sa grand-mère Lalla Kenza. Il procéda à un découpage territorial de son royaume en onze provinces qui ont été confiées à ses frères en tant que gouverneurs.

Parmi eux se trouvait l’aïeul de Sidi Mohamed Faouzi al-Karkari, Moulay al-Qassim Ibn Idriss qui quitta Fès pour s’installer dans la région du Rif occidental, région qu’il administra depuis Tanger jusqu’à Larache et jusqu’aux environs de l’actuelle ville d’al-Hoceima. Dans un contexte de tensions internes croissantes, une guerre fratricide finit par éclater entre Mohamed Ibn Idriss et ses frères. Moulay al-Qassim, connu pour son ascétisme et sa piété, refusa de prendre part au conflit malgré les ordres de son frère et dirigeant des Idrissides, Mohamed Ibn Idriss. Moulay al-Qassim décida alors de se retirer du pouvoir aux alentours de 840 et il s’installa dans un ribat dans la région d’Asilah où il finira ses jours en 860 dans la dévotion et l’ascèse.

Son fils Mohamed Ibn al-Qassim Ibn Idriss, surnommé Mohamed al-Bakmani succéda aussitôt à son père, dans un contexte d’affaiblissement progressif du pouvoir central à Fès. Il parvint tout de même à maintenir l’autorité idrisside dans le Rif occidental. Dans ce contexte il eut plusieurs enfants parmi lesquels l’ascendant du Shaykh Mohamed Faouzi al-Karkari, Ahmad Ibn Mohamed connu sous le nom d’Ahmad Belkarti.

Surnommé « Janun » ce qui signifie « la lune » en amazigh. Il partagea le contrôle des régions du nord et de l’ouest du Maroc avec ses frères Ibrahim et al-Qassim Ibn Mohamed Ibn al-Qassim Ibn Idriss, dans un contexte marqué par des incursions fatimides et omeyyades de plus en plus récurrentes. Il mourut vers l’an 920 et laissa plusieurs enfants parmi lesquels Moulay ‘Iyyad, gouverneur local dans la région de Ksar al-Kébir. Face aux menaces extérieures de plus en plus fortes, il contribua à maintenir le pouvoir idrisside, mais il finira par se replier dans les zones montagneuses du Rif.

Moulay ‘Iyyad meurt autour de 960, laissant parmi ses enfants l’aïeul du Shaykh Mohamed Faouzi al-Karkari, Moulay Salem Ibn ‘Iyyad qui sera le témoin de la chute progressive de la dynastie des Idrissides. Moulay Salem est souvent cité comme l’un des ancêtres majeurs de nombreux shorfas du nord du Maroc comme Sidi ‘Abd as-Salam Ibn Machich. Il fut l’un des points de bascule entre les Idrissides princiers, impliqués dans la politique locale et les jeux de pouvoir, et les Idrissides ruraux qui ont délaissé la politique pour se fondre dans les montagnes du Rif.

Moulay Salem Ibn ‘Iyyad s’orienta vers la spiritualité et l’enseignement religieux au sein des tribus jbalas, et il eut une nombreuse descendance composée de figures connues et reconnues pour leur piété et leur sagesse.

Entre le XIe et le XVe siècle, la lignée bénie du Shaykh Mohamed Faouzi al-Karkari se prolongea à la suite de Moulay Salem Ibn ‘Iyyad qui eut comme fils Moulay ‘Imrane, qui eut comme fils Moulay Jaber, qui eut comme fils Moulay ‘Alal, qui eut comme fils Moulay ‘Abd al-‘Aziz, qui eut comme fils Moulay Me’zouz, qui eut comme fils Moulay ‘Azouz, qui eut comme fils Moulay Moussa, qui eut comme fils Moulay ‘Issa, qui eut comme fils Moulay Mess’oud, qui eut comme fils Moulay Mimoun Abu Wakil aussi appelé Boukil Ibn Mess’oud al-Idrissi, fondateur de la tribu des Bani Wakil. C’est de lui que provient le nom de Sidi Mohamed Ibn al-Qaddur al-Wakili, qu’on appelle aussi « al-Boukili ».

Mausolée de Sidi Mimoun Abu Wakil dit « Boukil », situé dans le village de Zaouiat Sidi Boukil, près de la ville d’Errachidia, dans la région du Tafilalet.
Mausolée de Sidi Mimoun Abu Wakil dit « Boukil », situé dans le village de Zaouiat Sidi Boukil, près de la ville d’Errachidia, dans la région du Tafilalet.

Après lui, cette tribu des Bani Wakil s’est divisée en quatre groupes de shorfas idrissides : le groupe de Ankad, le groupe de Trifa, le groupe des Bani Wakil al-Mawakhikh qui tirent leur nom de l’aïeul de Sidi Mohamed Faouzi al-Karkari et fils de Moulay Mimoun Abu Wakil, Sidi Mkhoukh, et le groupe des Ouled Sidi Moussa.

Sidi Mimoun Abu Wakil naquit en l’an 442 de l’Hégire correspondant à l’an 1050 de notre ère dans la région du Moyen-Atlas près de l’actuelle ville de Tadla où avait émigré son aïeul Moulay ‘Imrane Ibn Salem. Il grandit dans une époque de guerres tribales et de troubles opposant les Fatimides au chef amazigh Moussa Ibn Abi al-Afia al-Miknassi. Ce dernier gouverna la région du Maroc central jusqu’à l’avènement du Sultan Youssef Ibn Tachfine, fondateur de sa capitale Marrakech et père de la dynastie des Almoravides.

Aux alentours de 1096, Sidi Mimoun Abu Wakil et son frère ‘Abd ar-Rahman partirent accomplir le pèlerinage (Hajj). Là-bas, ils rencontrèrent l’Imam Abu Hamid al-Ghazali qui devint leur Shaykh. Pendant plusieurs années, ils restèrent dans son compagnonnage et profitèrent de ses enseignements jusqu’à la mort de Sidi ‘Abd ar-Rahman à Médine. Sidi Mimoun Abu Wakil retourna au Maroc, à l’époque des premiers soulèvements des Almohades dirigés par Mohamed Ibn Tumert contre le pouvoir almoravide.

Sidi Mimoun épousa sa cousine avec laquelle il eut cinq enfants et après sa mort, il fut enterré près d’Errachidia, dans le petit village de Zaouiat Sidi Boukil où se trouve son mausolée. Il convient de souligner ici que les arbres généalogiques du Shaykh Sidi Mohamed Faouzi al-Karkari et de son épouse Lalla Najat se rencontrent au niveau de Sidi Mimoun.

Parmi ses enfants se trouve Sidi ‘Issa Ibn Mimoun, l’aïeul de Sidi Mohamed Faouzi al-Karkari, qui est connu et mentionné dans plusieurs ouvrages sous le nom de Sidi Makhoukh. Il grandit dans le village d’Ighejd dans la province d’Errachidia au XIe siècle, puis il s’installa près d’Oujda dans la ville de El Aïoun Sidi Mellouk. C’est là qu’il va décéder après avoir marqué la mémoire locale. Un mausolée sera élevé sur sa tombe et de nombreux bâtiments publics portent aujourd’hui son nom dans la ville.

Mausolée de Sidi Makhoukh, situé dans la région de l’Oriental, dans la ville de El Aïoun Sidi Mellouk.
Mausolée de Sidi Makhoukh, situé dans la région de l’Oriental, dans la ville de El Aïoun Sidi Mellouk.

Il eut plusieurs enfants parmi lesquels Sidi ‘Ali Ibn ‘Issa qui eut comme fils Moulay Mohamed, qui eut comme fils Moulay al-Hassan, qui eut comme fils Moulay ‘Issa, qui eut comme fils Moulay Yahya, qui eut comme fils Moulay Zakariya, qui eut comme fils Moulay ‘Abd al-‘Aziz, qui eut comme fils Moulay Abdallah, qui eut comme fils Moulay ‘Abd ar-Rahman, qui eut comme fils Moulay Yahya, qui eut comme fils Moulay Ibn Zayd, qui eut comme fils Moulay Ibrahim, qui eut comme fils Moulay Ya’qub, qui eut comme fils Moulay ‘Ali, qui eut comme fils Moulay Moussa, qui eut comme fils Moulay ‘Ali sur lequel nous allons nous arrêter un moment.

En effet, Sidi ‘Ali Ibn Moussa fut un Shaykh éducateur qui a vécu au XVIe siècle sous la dynastie saadienne. Il est notamment connu pour avoir participé à l’une des batailles les plus célèbres de l’histoire du Maroc : la célèbre bataille des trois rois. Elle se déroula en 1578 et opposa le Sultan saadien ‘Abd al-Malik accompagné de son frère le futur Sultan Ahmad al-Mansur adh-Dhahabi, au Roi du Portugal Sébastien Ier, soutenu par l’ancien sultan déchu al-Moutawakil.

Mausolée de Sidi ‘Ali ibn Moussa, situé dans la région du Rif oriental, dans la ville d’al-Aroui.
Mausolée de Sidi ‘Ali ibn Moussa, situé dans la région du Rif oriental, dans la ville d’al-Aroui.

À l’issue de cette bataille, l’armée du Sultan ‘Abd al-Malik remporta une victoire totale, entraînant la mort du roi Sébastien Ier et du sultan traître al-Moutawakil. Cette victoire provoqua la fin de la dynastie régnante au Portugal et l’annexion du pays par la couronne espagnole. Sidi ‘Ali Ibn Moussa put regagner sa région d’origine, plus précisément al-Aroui où il fut d’ailleurs enterré. Son mausolée se trouve aux côtés de celui de son père, Sidi Moussa Ibn ‘Ali, dans le cimetière qui porte son nom à l’entrée de la ville.

Depuis le XVIe siècle, douze ascendants du Shaykh Mohamed Faouzi al-Karkari ont ainsi été enterrés dans la région du Rif oriental, entre al-Aroui et Tamsamane. Leurs mausolées surplombés d’un dôme témoignent de l’enracinement de cette lignée dans la région. Beaucoup d’entre eux furent des savants dans la jurisprudence islamique, mais également des connaissants par Allah et des guides sur la voie de la réalisation spirituelle.

Sidi ‘Ali Ibn Moussa eut comme fils Moulay Mohamed, qui eut comme fils Moulay al-‘Arbi, qui eut comme fils Moulay Ahmad, qui eut comme fils Moulay ‘Abd al-Qadir, qui eut comme fils le Shaykh et Pôle de son temps Sidi Mohamed Ibn al-Qaddur al-Boukili, cinquième ascendant du Shaykh Mohamed Faouzi al-Karkari.